Gilets Jaunes : et si l’État était une entreprise en crise ?

Le mouvement des gilets jaunes est inédit par sa forme comme par son objet, émettant une protestation manquant de structure, portée par une diversité d’émetteurs. Ce mouvement présente quelques ressemblances dans la vie sociale des entreprises.

 

Il peut poser la question de la légitimité du leadership. Est-il fondé lorsqu’il repose sur une logique descendante ou lorsqu’il se justifie uniquement par la fonction ou le cadre juridique ?  De plus en plus, la question de la reconnaissance du leadership par le terrain devient une condition de réussite dans des contextes de changement. D’autre part, la représentativité des syndicats reste un sujet. La génération spontanée de leaders hors cadre interroge sur la durabilité du modèle hiérarchique dans les organisations. Enfin, le grand débat lancé en décembre dernier, parait être un succès du fait du nombre de contributions ; mais il est difficile de dire s’il permettra d’apporter des réponses adaptées aux problèmes soulevés en même temps qu’au mal-être sous-jacent. Pour autant, l’idée d’introduire une logique participative, comme certaines entreprises s’y sont essayées, permet à chacun d’être entendu et impliqué.

De manière générale, sortir d’une situation de tension exige pour les dirigeants de se concentrer davantage sur une démarche sur les sujets de fond :  la première étape d’une sortie de crise est de faire un état des lieux partagés. Ensuite, les dirigeants doivent être en capacité d’accueillir les restitutions comme autant d’enseignements sur le vécu des personnes. Enfin, Les propositions de solutions  de toute manière ne seront pas immédiates et nécessitent une approche itérative et une maturation lente.

Pour assurer une réelle « démocratie participative », il convient de clarifier au départ les objectifs visés et de jalonner le processus que nous décrivons par un système de pilotage et des espaces d’échange incluant des personnes d’origines différentes mais partageant l’envie positive d’aller de l’avant.

 

Que ce soit dans les entreprises ou plus généralement dans notre société, le phénomène des gilets jaunes appelle à un changement de paradigme. Cette évolution passera par la prise en compte du vécu des personnes, des logiques participatives et un réalisme partagé sur les délais de réalisation.

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