Le télétravail permet-il d’être plus productif ?

C’est une évidence de dire que le télétravail a conquis les salariés du secteur privé ces dernières années en France, amorcé par un meilleur équipement et des changements du management dus à l’évolution des outils numériques. Ils seraient aujourd’hui environ 5,2 millions à travailler plus ou moins régulièrement en dehors des murs de leur entreprise. Sur l’année 2018, ce sont même 700 000 télétravailleurs supplémentaires qui ont été recensés. La réforme engagée en 2017 qui permet la formalisation salarié-employeur du recours au télétravail hors contractualisation ayant eu pour effet d’accélérer la croissance de cette pratique.

 

Un gain autant pour les entreprises que pour les salariés…

Flexibilité, autonomie et liberté, le télétravail semblent offrir de nombreux avantages aux salariés : environ 9 salariés sur 10 ayant expérimenté ce dispositif se disent satisfaits et quand une entreprise le propose, 30% des salariés se portent volontaires*. Du côté de l’entreprise, les gains apparaissent conséquents avec une productivité en hausse de 5 à 30 % selon le Ministère de l’Economie. Un chiffre appuyé par les salariés eux-mêmes qui sont 89% à déclarer que le télétravail permet une meilleure efficacité/productivité dans leur travail selon une enquête réalisée par l’Ifop pour Malakoff Médéric-Humanis en novembre 2018. La durée idéale pour le télétravail serait par ailleurs de 6,7 jours par mois selon les salariés interrogés.

 

…mais qui nécessite un management adapté

Le tableau semble idyllique mais le télétravail a aussi ses failles. Ainsi, un certain isolement dû au manque de contacts humains peut être ressenti par les salariés en télétravail, selon le baromètre 2019 IFOP/ParisWorkplace, où des salariés franciliens ont été interrogés, ils seraient un bon tiers parmi ceux qui le pratique à le déplorer. Le sentiment d’isolement serait deux fois plus élevé que celui d’un salarié qui ne télétravaille pas. A terme, cet isolement peut mener à un fléchissement des performances, mais également à la crainte d’être licencié, trois fois plus grande que chez leurs collègues de bureau. La non-déconnexion est un autre facteur de risque à prendre en compte. En effet ; selon l’enquête Ifop de novembre 2018 évoquée auparavant, 59% des télétravailleurs sondés affirment que le télétravail engendre des difficultés à séparer les temps relevant de la vie privée et ceux relevant de la vie professionnelle. Une donnée à mettre en perspective avec les résultats de l’enquête OpinionWay pour le cabinet Eléas, où les salariés, dans leur ensemble, déclarent à 47% utiliser les outils numériques professionnels le soir et 45% le weekend. Une dérive qu’on imagine aisément accrue chez les télétravailleurs, qui dépendent encore d’avantage de ces outils numériques professionnels.

« Un travail important d’accompagnement doit être accompli pour faciliter la mise en œuvre de la déconnexion numérique. L’enjeu est la santé des salariés et la préservation de leurs ressources psychologiques pour une meilleure efficacité professionnelle » précise Eric GOATA, Directeur général du cabinet Eléas.

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